Qu’il enseigne depuis l’estrade ou qu’il se remémore des souvenirs en famille et avec des amis, frère Hutch U. Fale est prompt à souligner les leçons de vie apprises de ses mentors — comme l’évêque Samiu Tupoumalohi, son évêque lorsqu’il était adolescent aux Tonga ; le président Taniela Kivalu, son président de mission ; et le président Semisi Makai, son président de pieu lorsqu’il servait comme jeune évêque à Orem, en Utah ; pour n’en citer que quelques-uns.
Pourtant, certains des enseignements les plus précieux pour le nouveau Soixante-dix Autorité générale — qu’il attribue humblement à sa préparation pour son service après avoir été soutenu lors de la conférence générale d’avril 2026 — proviennent de ses parents, de ses frères et sœurs, de sa famille élargie et de son héritage ancestral issus des deux côtés du globe. Et de Dieu.
Bien que son père n’ait pas été membre de l’Église avant 2014, frère Fale se souvient de lui comme d’un chrétien animé d’une grande foi et ayant un refrain habituel : « Il disait : “Tu as juste besoin de savoir ce qui est juste, et tu le fais. N’aie jamais peur de la quantité de travail ou de la difficulté — tu peux le faire. C’est la seule chose dont tu dois te soucier. Laisse les autres être ce qu’ils doivent être ; toi, sois ce que tu es censé être.” »
En plus de sa mère et de la foi de celle-ci, frère Fale est reconnaissant envers « toutes les mères de [sa] vie » — en particulier ses grands-mères et ses tantes. Au sujet de leur amour, de leur exemple et de leurs enseignements, il a déclaré : « Si je me demande ce qui m’a aidé à me préparer, c’est tout simplement d’avoir eu des mamans partout qui m’aiment, prennent soin de moi et me corrigent. »
Frère Fale témoigne également que depuis son plus jeune âge — en particulier après une leçon spécifique de la Primaire — il a toujours su : « J’ai su que notre Père céleste est là, qu’il m’aime, qu’il m’écoute et que, grâce à mon Sauveur, je peux être en relation avec lui. »

Naissance et héritage
Hutch ’Unga Fale est né le 22 août 1979 à Provo, en Utah. Il est le deuxième des huit enfants de Tevita « Hutch » Fale et Kim Corinne Kimball. Son prénom est le surnom de son père, et son second prénom est le diminutif du nom de famille plus long, Ungapapalangi.
Lorsqu’il avait cinq ans, sa famille a déménagé à Mu’a, aux Tonga, l’ancienne capitale du pays, riche en sites archéologiques, située sur le côté est de l’île de Tongatapu. « C’est là que se trouvent les racines de ma famille du côté de mon père, depuis littéralement des milliers d’années », a-t-il déclaré.
Avec émotion, frère Fale s’est rappelé que ses années de formation à Mu’a lui avaient donné « un profond sentiment de responsabilité quant à la nécessité de représenter tous ceux qui [l’]ont précédé » et « un sens du devoir et le désir de continuer à porter le flambeau ».
Chaque jour, il passait à pied devant les tombes royales en terrasses de Mu’a, pour se rendre à l’école ou en revenir, ainsi qu’à la plantation où travaillaient les membres de sa famille. « Et il y avait simplement ce profond sentiment d’appartenance qui dit que cela va bien au-delà de ma seule personne. »
Et cela allait bien au-delà des Tonga. Malgré la distance avec les États-Unis, frère Fale a développé une profonde appréciation pour son héritage grâce à sa mère. « Il est très facile de ressentir cela pour tous ceux qui nous ont précédés, non seulement aux Tonga, mais aussi du côté de ma mère », a-t-il dit.
Sa mère a grandi à Phoenix, en Arizona, et ses racines familiales s’étendent jusqu’aux communautés saintes des derniers jours des régions de Phoenix et Mesa, ainsi qu’à Thatcher et St. Johns, dans l’est de l’Arizona. Ses lignées familiales comprennent des générations de membres fidèles datant des débuts de l’Église et de la traversée des plaines.

Elevé aux Tonga
À Mu’a, la famille Fale fréquentait la paroisse anglophone de Liahona, située à trente minutes de route de chez eux. Alors que frère Fale était un jeune adolescent, la voiture est tombée en panne et la famille s’est rendue à pied à la première paroisse de Mu’a, une unité de langue tongienne située à un peu plus d’un kilomètre. Une fois la voiture réparée, frère Fale a demandé s’il pouvait continuer à fréquenter la paroisse tongienne ; sa mère a accepté.
L’évêque a appelé le jeune garçon de 14 ans à être greffier de paroisse adjoint chargé des finances, son cousin de 15 ans étant le greffier de paroisse. Et chaque dimanche, l’évêque indiquait aux deux adolescents le sujet des discours de la réunion de Sainte-Cène, au cas où on aurait besoin d’eux pour remplacer un orateur — ce qu’ils faisaient fréquemment.
Frère Fale s’est souvenu de la confiance, de l’enseignement et du temps que l’évêque accordait à tous les jeunes. « Cette attention portée à la génération montante — mon évêque avait cette vision pour nous quand nous grandissions. Et cela m’a vraiment aidé à me préparer. »
BYU-Hawaii et les rendez-vous galants
Hutch Fale et Gaylene Lilino, née et élevée à Suva aux Fidji, ont commencé à se fréquenter en 1997, lorsqu’ils étaient étudiants à l’université Brigham Young d’Hawaii. Sœur Fale a expliqué que sa sœur jumelle et elle étaient intéressées par un dîner dansant, mais qu’elles n’iraient qu’en sortie à quatre.
Le jeune homme qui accompagnait sa sœur a eu une idée pour sœur Fale : il connaissait quelqu’un dans son dortoir qui étudiait beaucoup dans sa chambre et ne sortait pas souvent. Sœur Fale se souvient avoir hésité, mais l’ami a dit qu’il brieferait le jeune homme au sujet du double rendez-vous, la convainquant d’appeler à une certaine heure pour confirmer.
Cependant, l’ami a oublié de faire les arrangements, de sorte que lorsque sœur Fale a appelé, elle s’est retrouvée dans une conversation embarrassante avec un jeune homme qu’apparement elle ne connaissait pas — et qui ne savait pas pourquoi elle l’appelait. Finalement, « nous sommes allés dîner », a-t-elle dit. « Nous avons passé un bon moment. »
Frère Fale a ajouté : « Je suis vraiment, vraiment reconnaissant qu’elle m’ait invité à sortir ».
Mais il y a plus à raconter sur le début maladroit de leur relation, en commençant par leur première rencontre sur le campus l’année précédente.
Les deux sœurs jumelles attendaient avec impatience qu’un “oncle” bien-aimé les emmène faire une grande sortie shopping pour acheter des fournitures scolaires et autres au début du semestre. Mais l’oncle a annulé de manière inattendue à la dernière minute pour aller à l’aéroport chercher le frère d’un ami qui arrivait des Tonga pour étudier sur le campus.
Oui, c’était frère Fale. Et, oui, quand l’oncle lui a présenté les jumelles plusieurs jours plus tard au centre Aloha de BYU-Hawaii, ce n’était pas un “aloha” très amical.
« Pourquoi aurais-je eu envie de rencontrer la personne, la raison pour laquelle notre grande sortie à Walmart avait été annulée ? » se souvient sœur Fale avec un sourire.
Frère Fale a dit : « Chaque fois que nous nous croisions, j’avais droit à un accueil tout aussi glacial. »
Ainsi, le soir du dîner dansant, la sœur jumelle de sœur Fale a été la première à apercevoir l’homme mystère. « Gaylene, tu ne vas pas aimer ça », a-t-elle dit. « Tu vois le jeune que l’oncle Li a dû aller chercher ? C’est ton cavalier. »
Frère et sœur Fale se sont fréquentés pendant cinq ans — période au cours de laquelle ils ont tous deux servi une mission à plein temps — et se sont mariés le 27 décembre 2002 dans le Temple de Laie (Hawaii).
Appelés à servir
Lorsque frère Fale a soumis sa candidature pour servir une mission à plein temps, il a quitté l’entretien avec son président de pieu en espérant être affecté n’importe où sauf aux Tonga. Mais il a immédiatement senti l’Esprit lui dire : « Ce n’est pas une bonne attitude à avoir. Tu ne dois pas dire : “Je servirai n’importe où sauf à — ; je ferai n’importe quoi sauf —.” »
Poussé à se repentir, il a trouvé une salle de classe vide et s’est agenouillé en prière, disant : « Père céleste, j’irai n’importe où. Tout me convient. »
Il a raconté avoir ressenti un cœur adouci et un sentiment de paix prédominant. Et lorsque son appel à servir dans la mission de Tonga Nuku’alofa est arrivé ? « Quand j’ai ouvert la lettre, ce fut une confirmation de plus que cela venait du Seigneur. »
Frère Fale a déclaré qu’en dehors d’un témoignage accru de Jésus-Christ et du Rétablissement, la plus grande bénédiction de sa mission avait été de servir avec son président de mission, qui avait pour habitude d’affecter les missionnaires tongiens à servir pendant une période dans leurs villages d’origine ou ancestraux.
« Il disait toujours : “Beaucoup de gens sont invités et affectés à aller prêcher l’Évangile à des inconnus” », s’est rappelé frère Fale. « “Tu auras la bénédiction, en tant que missionnaire à plein temps, de le partager avec ta famille. […] Tu te souviendras que tu as eu la bénédiction d’instruire ta famille en tant que missionnaire à plein temps.” »
En plus de servir aux Tonga, frère Fale a passé six mois sur la petite île autonome de Niue, située entre les Tonga et les îles Cook. Là, il a appris une autre langue et a travaillé avec les quatre branches de l’Église parmi la population insulaire d’environ 2 000 habitants.
La famille Fale
Les Fales sont les parents de cinq enfants. L’une de leurs filles, Rachel, est récemment revenue de la mission de Auckland, en Nouvelle-Zélande, et sa sœur, Elise, sert dans la mission de Calgary, au Canada. Hutch, le fils aîné, est dans la mission de Sydney, en Australie, où il parle le mandarin, tandis que les deux plus jeunes frères — Daniel et Calem — sont à l’école à Provo.
La famille aime jouer à des jeux et faire des voyages en voiture — pas tant des vacances vers une destination précise, mais plutôt des des voyages pour rendre visite à des membres de la famille et participer à des événements familiaux, proches ou lointains.
En plus de la couture et du temps passé avec ses enfants — « ce sont mes passe-temps » —, sœur Fale est impliquée depuis longtemps dans la danse polynésienne et l’enseigne aujourd’hui. Elle s’est produite au Centre culturel polynésien adjacent au campus de BYU-Hawaii, ainsi que dans les troupes de danse promotionnelles du centre qui ont fait des tournées dans toute l’Asie, notamment au Japon, en Corée, à Hong Kong et en République populaire de Chine.
Frère Fale dit que ses passe-temps sont le sport en général — en particulier le rugby et la boxe. « Et le troisième pourrait être de manger — c’est un sport », a-t-il plaisanté, ajoutant que son « épreuve » préférée serait le lū, un plat tongien composé de feuilles de taro, d’agneau, d’oignons et de lait de coco, cuit dans un four souterrain.
Témoignage
Frère Fale a déclaré au sujet de son témoignage : « Je sais que Jésus vit. Je sais que mon Père céleste m’aime, ainsi que tous ses enfants. Et je sais également qu’Ils parlent par l’intermédiaire de Leurs prophètes vivants sur la terre aujourd’hui. »
« Je sais que nous sommes en sécurité lorsque nous nous souvenons de qui nous sommes et de notre véritable identité », a-t-il dit, avant d’ajouter : « Je sais qu’il m’aime. Je sais qu’il vous aime. Et j’ai le grand espoir et je prie pour que nous ne l’oubliions jamais. »
À propos de frère Hutch U. Fale
Famille : Hutch ‘Unga Fale est né le 22 août 1979 à Provo, en Utah, de Tevita “Hutch” Fale et Kim Corinne Kimball. Il a épousé Gaylene Rosarine Lilino de Suva, aux Fidji, le 27 décembre 2002, dans le Temple de Laie, à Hawaï. Ils sont les parents de cinq enfants.
Éducation : Il a obtenu un double diplôme de licence en histoire et en sciences politiques de l’université Brigham Young d’Hawaii en juin 2002. En avril 2006, il a obtenu deux diplômes de troisième cycle de l’université Brigham Young : un master en administration publique de l’institut Romney de service public et d’éthique, ainsi qu’un doctorat en droit de la faculté de droit J. Reuben Clark.
Emploi : Il a été avocat et associé dans le cabinet d’avocats Avery Burdsal & Fale du comté d’Utah.
Service dans l’Église : Au moment de son appel, frère Fale servait comme Soixante-dix d’interrégion dans l’interrégion d’Utah. Ses services précédents dans l’Église incluent les fonctions de président de pieu, membre du grand conseil, évêque, et il a également servi dans la mission de Tonga Nuku’alofa. Il a été affecté comme membre de la présidence de l’interrégion de l’Ouest des États-Unis, à compter du 1er août.
