L’invitation du Sauveur à Pierre — et à nous tous — n’est pas seulement de pêcher et de rassembler, mais de paître, soigner et nourrir à sa manière.
Au début de son ministère terrestre et le long du rivage de la mer de Galilée, Jésus vint vers Pierre et André, puis Jacques et Jean, qui travaillaient tous au milieu des filets et des barques de leur métier de pêcheur.
L’invitation du Christ était succincte et directe : « Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »
La réponse fut rapide et décisive. Pierre et André « laissèrent aussitôt les filets, et le suivirent », et Jacques et Jean « laissèrent aussitôt la barque et leur père, et le suivirent » (Matthieu 4:18-22).

« Pêcheurs d’hommes » suggère de rassembler les autres. Et le Christ lui-même ne faisait pas que rassembler ses premiers disciples, il montrait en fait l’exemple du rassemblement pour eux.
- Jésus-Christ est allé vers ceux qu’il rassemblait, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à lui ou de ne rien faire.
- Il a lancé une invitation et a offert une bénédiction promise.
- Et il a parlé leur « langage » — « pêcheurs d’hommes » étant un terme qui trouverait un écho chez eux.
Le président Harold B. Lee a enseigné : « Devenir “pêcheurs d’hommes” est simplement une autre façon de dire “devenir des dirigeants d’hommes” » (Conference Report, octobre 1960, p. 15).
Et frère Scott D. Whiting, soixante-dix Autorité générale, a écrit : « Un dirigeant d’hommes est quelqu’un qui est appelé à aider les autres à devenir “de vrais disciples de […] Jésus-Christ” (Moroni 7:48). […] Tous ceux qui ont accepté l’appel à diriger dans l’Église ont accepté l’invitation du Sauveur à devenir pêcheurs d’hommes » (« Pêcheurs d’hommes », Ensign, juin 2015).
L’expression « pêcheurs d’hommes » est parfois utilisée en lien avec l’œuvre missionnaire et le rassemblement d’Israël de ce côté-ci du voile. Les missionnaires sont encouragés à jeter de larges filets et à avoir plusieurs « lignes dans l’eau » lorsqu’ils s’efforcent de trouver, d’instruire et de rassembler les personnes qui s’intéressent à l’Évangile.
Dès ce premier instant au bord de la mer de Galilée et tout au long de son ministère terrestre de trois ans, Jésus a continué de montrer l’exemple du rassemblement et de l’accompagnement de ses disciples — par ses messages, son service pastoral et ses miracles.
Puis, le rassemblement a pris un sens plus élevé et plus saint.
Dans Jean 10, le Christ se décrit lui-même — à plusieurs reprises — comme le Bon Berger. Un bon berger prend soin des brebis et les protège, marche devant elles et les guide, instaure la confiance et est prêt à risquer sa vie et son intégrité physique pour elles.

Ce moment ne décrit pas seulement le titre et le rôle du Christ en tant que Bon Berger, il préfigurait l’invitation qu’il adresserait plus tard à Pierre — et essentiellement à tous.
Jean 21 donne les détails sur la façon dont, après la Résurrection du Christ, Pierre et plusieurs apôtres ont choisi de retourner en Galilée et, selon les mots mêmes de Pierre, d’aller « pêcher ». Ils sont redevenus des « pêcheurs de poissons ».
Ils avaient passé la nuit sur la barque sans aucun succès — une nuit infructueuse et sans le moindre poisson. Alors qu’ils commençaient à rentrer à l’aube, un homme sur le rivage leur cria de loin pour leur demander s’ils avaient pris du poisson. Lorsqu’ils avouèrent n’en avoir aucun, il les invita à jeter leur filet du côté droit « et vous trouverez ».
Ce moment et la pêche miraculeuse qui suivit rappelèrent aux apôtres un incident similaire survenu trois ans plus tôt, lorsque le Sauveur les avait orientés — eux qui n’avaient rien pris non plus cette fois-là — à jeter leurs filets pour une prise si prodigieuse qu’elle commença à faire couler deux barques.
« C’est le Seigneur », observa Jean, tandis que Pierre se jetait à l’eau pour aller à la rencontre du Sauveur ressuscité. L’exemple donné par le Christ s’est poursuivi — accueillant les disciples avec du feu, du pain et du poisson cuit, et partageant un message contenant une invitation adressée alors à Pierre, mais applicable à nous tous.
Le Christ a demandé trois fois à Pierre s’il l’aimait ; après que Pierre a répondu affirmativement à chaque fois, Jésus a répondu : « Pais mes brebis. »
Dans son discours de la conférence générale d’octobre 2018 intitulé « Devenir un berger », Bonnie H. Cordon, alors présidente générale des Jeunes Filles, a enseigné : « Le Seigneur ressuscité savait qu’il n’allait plus être à ses côtés pour lui montrer comment et quand servir. En son absence, Pierre allait devoir rechercher l’inspiration de l’Esprit, recevoir la révélation personnelle, et avoir ensuite la foi et le courage d’agir. Focalisé sur ses brebis, le Sauveur désirait que Pierre fasse ce que lui-même ferait s’il était présent. Il a demandé à Pierre de devenir un berger. »
Elle a ajouté que, pour que nous puissions accepter efficacement une invitation semblable aujourd’hui — développer un cœur de berger et comprendre les besoins des brebis du Seigneur —, nous devons prendre le Sauveur comme exemple. « Le Sauveur connaissait ses brebis et elles étaient comptées. Il veillait sur elles et les rassemblait dans la bergerie de Dieu. »
Tandis que la pêche rassemble, le rôle de berger veille à ce que les personnes rassemblées soient soutenues, aimées et en sécurité — à la fois individuellement et collectivement avec les autres.
Les pêcheurs d’hommes devaient devenir des bergers, tout comme nous devons devenir des bergers adjoints auprès du Bon Berger. Nous passons de la pêche à l’action de nourrir, et du simple fait de rassembler et de diriger à celui d’apporter du soutien et de prendre soin à la manière du Seigneur.
— Scott Taylor est le rédacteur en chef adjoint du Church News.

