Mon père est mort six mois avant que ma femme, Megan, et moi nous nous sommes mariés. Il avait souffert pendant de nombreuses années, tout comme son père avant lui. Je n’ai pas connu mon grand-père paternel, et mes enfants ne connaîtraient pas le leur. Du moins, pas dans cette vie.
Mon beau-père est originaire du Mexique. Lui et ma belle-mère américaine ont élevé leurs enfants en fréquentant des branches et des paroisses hispanophones pendant la plus grande partie de la vie de mon épouse. Ils rendaient visite à leur famille au Mexique aussi souvent qu’ils le pouvaient. Ils ont enseigné l’espagnol à leurs enfants. Ils leur ont appris à danser et j’ai par la suite appris à danser la salsa avec mon beau-père pour notre réception de mariage.
Je n’étais jamais allé au Mexique avant de me marier, mais j’ai appris à aimer beaucoup de ses traditions. La nourriture est délicieuse. La musique peut être forte. Mais je danse toujours aussi mal après 20 ans.

Mais une tradition m’a ému aux larmes lorsque ma femme me l’a fait découvrir. J’avais entendu parler du Día de los Muertos, ou Jour des morts. J’avais vu des hommages colorés rendus à des membres de la famille et mangé de délicieux pains ce jour-là. Cependant, je ne connaissais pas le concept d’ofrenda.
Une « ofrenda » est une sorte de présentoir ou de plateforme où les familles disposent des photos et des objets personnels de leurs proches disparus afin d’honorer leur mémoire lors du jour des morts.
Ma femme avait imprimé une photo de mon père lorsqu’il était un jeune homme et qu’il n’était pas atteint par la maladie qui l’a emporté. Il est heureux et plein d’énergie sur cette photo. Elle a placé la photo dans un petit cadre et l’a mise au centre de ma première ofrenda.
Au fil des ans, la collection de photos s’est agrandie. Les grand-mères de ma femme, mes grand-mères, ses grand-pères, mes grand-pères, des parents plus éloignés et maintenant deux de mes frères et sœurs ont tous leur place dans notre salon chaque mois d’octobre.
Ce n’est pas une forme de culte. Nous ne les prions pas. Nous les honorons. Nous les aimons. Et nous savons que nous les reverrons.
Il y a deux semaines, à Montpelier, en Idaho, le président Henry B. Eyring [en anglais] a consacré un nouveau temple. Le dimanche matin de cette consécration, il a dit : « Je promets à tous ceux qui serviront dans ce temple, à quelque titre que ce soit, qu’ils ressentiront de plus en plus l’amour du Seigneur et que leur amour pour lui grandira. »
Alors que je regardais les photos de nos êtres chers sur notre ofrenda en rentrant chez moi, ces paroles du premier conseiller dans la Première Présidence de l’Église me sont revenues à l’esprit.
Combien je suis reconnaissant que Jésus-Christ se soit porté volontaire pour racheter tous les enfants d’esprit de Dieu de la mort physique interminable grâce à sa résurrection. Chaque personne qui est venue ou viendra sur cette terre vivra un jour avec un corps ressuscité.
En servant au temple de quelque manière que ce soit, nous pouvons tous ressentir l’amour du Seigneur. Nous pouvons tous grandir dans notre amour pour lui et pour les bénédictions que nous recevrons grâce à lui.
Cette semaine, frère Neil L. Andersen [en anglais] du Collège des douze apôtres a publié une vidéo sur un récent ministère à Oaxaca, au Mexique. Dans la vidéo, il parle des liens entre le Jour des morts et les croyances qui nous sont chères en tant que membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
« Nous faisons partie d’une famille bien plus grande que nous ne le réalisons. Nous sommes des maillons d’une chaîne qui unit les générations par la foi, le sacrifice, l’expérience et l’amour », a-t-il dit dans la vidéo alors qu’il se trouvait dans un cimetière.
Une famille bien plus grande que nous ne le réalisons ? Paul a rendu témoignage d’un principe semblable dans ses écrits aux Romains.
Dans Romains 14:9, il a écrit : « Car Christ est mort et il a vécu afin de dominer sur les morts et sur les vivants. »
Notre famille est éternelle par sa nature et sa taille. Elle comprend ceux d’entre nous qui sont vivants et ceux qui viendront après nous. Quelles que soient les dates de notre passage sur cette terre, nous pouvons partager ensemble tout le temps de l’éternité.
Ainsi, bien que je sois triste de voir la photo de mon frère ajoutée à notre ofrenda cette année, je trouve du réconfort en sachant que le Christ est le Seigneur des morts et des vivants, et que nous nous reverrons.
Au milieu de tous nos deuils et de toutes nos peines, puissions-nous tous trouver ce même réconfort en vivant nos croyances, en honorant nos alliances et en pratiquant notre culte dans le temple.
— Jon Ryan Jensen est rédacteur en chef du Church News.

